Le Parlement européen a adopté une nouvelle législation contraignante visant à réduire le gaspillage alimentaire et textile dans l’ Union européenne d’ici 2030. Cette législation fixe des objectifs spécifiques aux États membres et introduit des exigences de responsabilité élargie des producteurs pour les fabricants de textiles. Adoptée à Strasbourg le 9 septembre, cette loi impose une réduction de 10 % du gaspillage alimentaire généré lors de la transformation et de la fabrication, et de 30 % par habitant du gaspillage alimentaire au niveau du commerce de détail et des consommateurs. Ces objectifs s’appliquent aux restaurants, aux services de restauration et aux ménages des 27 États membres de l’UE.

Selon les données de la Commission européenne , l’UE génère près de 60 millions de tonnes de déchets alimentaires chaque année, soit environ 132 kilogrammes par personne. Dans le secteur textile, l’UE produit environ 12,6 millions de tonnes de déchets par an, les vêtements et les chaussures contribuant à environ 5,2 millions de tonnes. Malgré une prise de conscience croissante, moins de 1 % des textiles mondiaux sont recyclés en nouveaux vêtements ou produits. Pour faire face au volume croissant de déchets textiles, la législation introduit des systèmes obligatoires de responsabilité élargie des producteurs (REP).
En vertu des nouvelles règles, les entreprises fabriquant ou important des textiles seront financièrement responsables de la collecte, du tri et du recyclage de leurs produits en fin de vie. Ces obligations s’appliquent à une large gamme de produits textiles, notamment les vêtements, les chaussures, les accessoires, le linge de maison et les tissus industriels. Les frais REP imposés aux producteurs de textiles seront modulés en fonction de critères tels que la durabilité, la réparabilité, la recyclabilité et l’impact environnemental global. Les producteurs dont les articles sont conçus pour la longévité et la circularité pourront payer des frais moins élevés, tandis que ceux qui génèrent de grands volumes de produits à courte durée de vie ou non recyclables devront faire face à des coûts plus élevés.
L’UE impose des objectifs contraignants de réduction du gaspillage alimentaire d’ici 2030
Les microentreprises, définies par le droit européen comme des entreprises employant moins de 10 personnes et réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 2 millions d’euros, bénéficieront d’une période de mise en conformité prolongée. Elles bénéficieront d’une année supplémentaire pour se conformer aux exigences de la REP, portant ainsi le délai total de mise en œuvre à trois ans et demi à compter de l’entrée en vigueur de la loi. La législation prévoit également des dispositions visant à renforcer les définitions et les systèmes de classification des déchets textiles. Elle introduit des normes européennes communes permettant de distinguer les déchets des textiles réutilisables, dans le but d’améliorer les pratiques de tri et de prévenir l’exportation illégale de vêtements usagés sous couvert de dons d’occasion.
Parallèlement, la Commission européenne soutiendra les efforts de mise en œuvre par l’intermédiaire de la Plateforme européenne sur les pertes et le gaspillage alimentaires, en proposant des conseils techniques, des bonnes pratiques et un accès aux mécanismes de financement européens. Les États membres sont tenus de soumettre des stratégies nationales décrivant comment ils entendent atteindre les objectifs de réduction d’ici 2030. La mise à jour des règles relatives aux déchets s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie de l’UE en matière d’économie circulaire et fait suite à des mois de négociations entre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne.
Les textiles et le gaspillage alimentaire dominent l’agenda environnemental de l’UE
La législation attend désormais l’approbation formelle du Conseil avant sa publication au Journal officiel de l’ Union européenne . Les États membres commenceront ensuite à la transposer en droit national. Grâce à son adoption formelle, l’UE a établi des obligations juridiquement contraignantes visant à réduire l’impact environnemental des produits alimentaires et textiles tout en renforçant la responsabilité tout au long de la chaîne de production. La loi vise à normaliser les pratiques de gestion des déchets, à réduire la dépendance à la mise en décharge et à accélérer les efforts de recyclage sur l’un des plus grands marchés de consommation au monde. – Par EuroWire News Desk.
